BESSE VILLE LIBRE



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Une charte de coutumes et de privilèges



Besse au moyen âge s'octroya une charte communale auprès de la puissante seigneurie de la tour d'auvergne, lui permettant ainsi de devenir l'une des treize bonnes villes de basse auvergne. Cette charte est écrite en patois, mélange de gaulois et de basse latiné

" a toz loz hommes e a totas las femnas de la villa de bessa"

Bernard et Bertrand de la tour, frères en l'an 1270, au mois de mai, après l'octave de Saint Jean-Porte-Latine au château de Saint Saturnin avons donné a la ville de Besse et juré sur les choses saintes à tous les hommes et à toutes les femmes qui y prendront ou qui ont maison, bons usages et bonnes coutumes, les meilleurs que l'on trouvera pour le besoin des bourgeois à la charte de Montpellier ou au Puy, à Sauvagnac ou dans d'autres bonnes villes. Confirmés par Philippe le Hardy, vers l'année 1276.

Bernard de la tour succomba la même année au siège de Tunis, le 14 août 1270, dix jours avant la mort de Saint Louis on ne sait pas s'il fit payer aux habitants la chartes mais ce que l'on sait c'est queles habitants s'acquittaient chaque année un impôt spécial " per la franchedat de la villa" taxé à cent sols, et était dû par chaque communier après trois ans de domicile et se payait à la Saint André.

"Quand Bernard de la tour mettra son bailly à Besse, il doit faire jurer sur les saints que loyalement mènera la ville et ses usages avec le conseil des consuls communaux. Il donne autorisation aux habitants de Besse, toutes les fois qu'ils voudront mettre consuls de tout temps." (extrait de la charte)

Le bayle ou prévôt était le représentant du seigneur et avait encharge la justice et la collecte des impôts. L'office du bayle était mis au enchère chaque année au plus offrant, il était assisté de consuls renouvelés chaque année et choisis par le corps de ville, lui même élu par les habitants.

Bernard de la tour ou ses bayles ne doivent point,dit la charte, retarder les procès de Besse par amitié ou inimité ou pour de l'argent.
Pour un procès, III sols. Pour une batterie d'hommes ou de femmes dont il est porté plainte au seigneur ou à ses bayles, LX sols. Qui entre dans le jardin d'autrui pour mal faire donnera II sols à Bernard de la tour et XII deniers au témoins. S'il il y a mêlée et que homme tire le glaive nu, LX sols. S' il y a effusion de sang, l'amende est de sixsols et les communiers doivent aider à détruire le malfaiteur qui, s'il s'échappe, ne doit plus rentrer à Besse.

Tous ceux qui ont des maisons à Besse peuvent donner ou vendre à tous hommes et à toutes femmes, excepté aux saints, aux moines, aux chanoines, aux chevaliers ou nobles, et aux serfs, lesquels, selon l'usage de la ville, ne doivent posséder de maisons.

Qui possède une maison à Besse a un droit de vote que ce soit un homme ou une femme et ne donnera de leyde (droit perçu par le seigneur sur la vente des denrées et marchandises de toutes nature, dans les foires et marchés, le contrevenant devant s'acquitter de 7 sous d'amende.) pour vente de ce qui est son avoir.

Celui qui vend un cheval donne IV sols, un âne 1 denier, une vache 1 denier, une douzaine de moutons ou de chèvres 1 denier. Les drapiers, les marchands de fer, les cordonniers, les corroyeurs, les sabotiers qui viennent aux foires et aux marchés de la ville donnent six deniers par an. Les poissonniers ne doivent que trois deniers mais si un marchand déballe sans vendre, il ne sera pas tenu de payer la leyde.

Les marchands de sel donnent par setier une poignée de sel et une autre pour le terrage, les bouchers s'acquittent en livrant trois cuisses de vache chaque année ou en payant deux sols. Il est dû deux bûches pour un char de bois, un denier pour une charretée de fruits.


Tous les hommes et toutes les femmes qui leur avoir mettront à Besse ne le perdront ni par la paix ni par la guerre, mais le retireront sauf et quitte, et n'auront inquiétude de Bernard de la tour ou des siens. La charte de Besse imposel'obligation à chaque citoyen de faire personnellement la garde ou le guet, à la sommation des communiers, quiconque manque sa garde doit six deniers à la commune.



LES SEIGNEURS DE BESSE


Le sort de la ville de Besse fût lié aux seigneurs de la tour d'auvergne, dès 1074 Géraud de la tour qui se fera moine à Cluny. Bernard VII et son frère Bertrand de la tour chanoine de Clermont en 1270 octroyent une charte de liberté aux habitants de Besse sûrement pour financer la guerre en Terre Sainte au côté de Saint Louis où Bernard succombera au siège de Tunis en 1270.

Un petit fils de Bernard VII deviendra cardinal en 1342. Jean III dernier héritier mâle, lègue ses biens à ses deux filles, Anne qui épouse Jean Stuart,duc d'Albanie et Magdeleine qui épouse Laurent de Médicis.

Le destin de Besse sera lié à l'histoire de France avec Catherine de Médicis dame de Besse, protectice elle rédigera un terrier en faveur des habitants de Besse qui leur permettra en 1588 d'être agrégés aux treize Bonnes Villes d' Auvergne et d'envoyer des députés à leur assemblée.



Fille unique,son tuteur Clément VII né Jules de Médicis, recherchant l'alliance des rois de France rapprochera sa pupille du futur roi de France, Henri II. Elle sera reine de France pendant douze ans avec son mariage avec Henri II, célébré à Marseille par Clément VII à l'age de 14 ans,et maîtresse du pouvoir pendant trente ans sous le règne de ses trois fils.

En 1559 né Marguerite de Valois plus connue sous le nom de Reine Margot qui épousera contre son gré la couronne avec Henri de Navarre futur Henri IV, "un jeune rustre mangeur d'ail, puant des pieds et du gousset". Union tumultueuse qui défia la chronique de l'époque, elle fausse compagnie a son mari pour rejoindre la France à Agen, puis elle se réfugie à Carlat, délogée par les troupes de Henri III son frère, elle rejoint le fief d'Auvergne de sa mère en compagnie du chevalier d'Aubiat où selon la légende elle passa une nuit à Besse dans la maison dite de la reine Margot qui abrite aujourd'hui le musée du ski.

Ca calvacade romanesque se terminera à Ybois et elle sera assignée à résidence surveillée au chateau royale d'Usson pendant 20 ans. Pendant cette période, elle accepte le divorce en 1592 avec Henri IV en échange de quelques milliers d'écus.

A la mort de Catherine de Médicis, le comté d'Auvergne revient à Charles de Valois, fils de Charles IX et de Marie de Touchet, éternel conspirateur il fût dépossédé de ses biens en faveur de la reine Margot en 1606. En 1608 elle fait don de tous ses biens au fils de son ex mari, le dauphin futur Louis XIII .

En 1617 et 1620 par arrêtés royaux, suite aux mauvaises affaires des seigneurs de la Tour, la baronnie de la tour sera adjugée à Louis de Rochechouart baron de Chandeniers. En 1668, à la suite d'un conflit d'héritage les biens seront vendus au enchère, Victor Maurice, comte de Broglie achète les terres de Besse pour 600000 livres, la famille gardera les terres jusqu'à la révolution.

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FORTIFICATION

La ville ne fut fortifiée qu'au XIV siècle et XV siècles à la demande des habitants pour se protéger des routiers Anglais en ces périodes de guerre de cent ans.

Guy de la tour en 1370 accorda la construction d'une haute tour carrée tout prés de l'église, la tour du Rosaire, malheureusement détruite sûrement à la révolution. Cette tour abritait en 1606 la confrérie du Rosaire regroupant des gens de même corporation.

L'épaisseur des murs étaient de deux toises et demie, et un rempart fut construit ceignant la tour et l'église, le clocher fut solidement fortifié.

En 1373, lors de l'incursion des Anglais en terre d'Auvergne, les nobles ainsi que les personnes ayant participés à l'édification des remparts se réfugièrent avec leurs familles. C' est à cette époque que la première chapelle de Vassivière fut détuite, toutes les personnes qui avaient installé leur demeure au-dessus du sanctuaire furent excommuniées. L'évêque de Clermont, Jean Mello, leva l'excommunication en 1374.

La ville comptait alors une garnison de cinq cents hommes, composée tant des habitants que des gens des campagnes qui avaient dû, en entrant, apporter chacun leur provision de farine pour un an.

Besse fut toujours fidèle au roi, et bien qu'assiégée plusieurs fois pendant la guerre de cent ans, les guerres de religion et à l'époque de la ligue, la ville ne fut jamais prise. Ce ne fut qu'en 1406 et 1417 que Charles VI octroya aux habitants la permission de clore complètement leur ville, et par lettres-patentes des années 1436 et 1449, Charles VII leur accorda murailles, portes, fossés et pont levis, à la requête des seigneurs de la Tour.

La ville comptait trois portes avec tour en plate forme, barbacanes et machicoulis: la porte de l'horloge (béfroi) qui existe toujours; celle de la Bessou et celle de l'Admirat qui n'existent plus aujourd'hui. Les murs d'enceinte avec machicoulis étaient flanqués de six grosses tours rondes d'une grande hauteur. L'ancien fort devint le château des seigneurs, qui ménagèrent un logement avec une chapelle.

Les armes du consulats étaient d'azur, à l'image de Saint Jean Baptiste dans le désert, avec l'extrémité du pied droit sur la lettre B, et trois fleurs de lys, le tout d'or. (Godivel, archive besse).

Il y avait à Besse avant 1789 deux corporations: une de marchands, portant sur sa bannière: d'azur à un Saint Louis, roi de france, d'or, tenant en sa main droite le baton royal et en sa main gauche la main de justice; et une corporation de notaires portant d'azur aux deux écritoires d'argent couchés de face.

Sources:Bouillet, hist. inédite des communes du puy de dômes, Elie Jaloustre 1876, Gaston Plantin et Anne Marie Pallier, A-G Manry histoire des communes du puy de dôme 1988, et la précieuse aide du regrété Jacques.

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LA RENAISSANCE

Période transitoire entre le moyen âge et les temps modernes, ce boulversement culturel et artistique venu d'Italie va souffler les acquis sociaux et opérer une fracture sociale et fragiliser ce milieux de liberté et de droit du moyen âge.

C'est sous le règne de Catherine de Médicis et de son tuteur Clément VII que l'influence Italienne va entrer dans Besse, les maisons bourgeoises vont subir des liftings extérieurs pour être mis au goût du jour. C'est à cette époque, sous Louix XIV que la plupart des fortifications seront détruites, la guerre de cent ans terminée, les guerres de religions n'affecteront pas BESSE.

Cette période sera marquée par des famines, 1693-1694, en 1740 Marie Lamoignon épouse du Comte de Broglie fonde un hôpital à l'emplacement actuel des Folies de Margot, mais souffre de revenu insuffisant. En 1749, les gens sont à l'extrémité de la faim, les consuls sont impitoyables pour lever les impôts, ils enlèvent les bestiaux pour les revendre à moitié de leur valeur sur les foires et marchés.

La fin du siècle, 1771 ne sera pas glorieuse, on évitera les famines grâce à la culture de la pomme de terre encouragée par le subdélégué Godivel, ce sera dans ce climat désastreux que de nouveaux évenements venus de tout le royaume de France laisseront une lueur d'espoir, la révolution.

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LA REVOLUTION


Dans les campagnes le grondement des loups annonce l'arrivée de la révolution, 1790, dévastant tout sur son passage, elle va faire entrer Besse dans une aire nouvelle, développent la communication routière. Besse deviendra chef lieu de district, malgré les protestations de Tauves, d'Egliseneuve d'entraigues. En 1793 sous l'ordre du révolutionnaire George Couthon, les destructions des édifices religieux et féodaux ne seront que partielles par manque de moyen, on se contentera d'effacer quelques écussons.



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